J’ai toujours aimé voir d’en haut, regarder par-dessus. Le point de vue en hauteur aplatit les perspectives et donne l’impression d’un monde de miniatures. La composition graphique, très construite, fait aussi partie de ce que je recherche.

À l’automne et au printemps, la lumière est douce, les touristes ne sont pas encore arrivés ou déjà partis, les plages privées sont démontées, laissant des pans de béton brut, vides, désolés sur les plages. Dans l’après-midi, quelques habitués s’y installent, pour profiter de la douceur du soleil

 

printanier ou automnal. La promenade des Anglais qui surplombe les plages offre par endroits un point de vue intéressant sur ces scènes.

 

Les images de cette série sont composées d’une manière assez similaire : un ou des personnages, vus de dessus, vaquent à leurs occupations sur ces plages de béton. Dans le cadrage, ils sont isolés sur un fond de béton. La lumière est écrasante, omniprésente.

Les personnages, en maillot de bain se détachent sur ces fonds que la lumière fait changer du gris à l’ocre. Ou peut-être se perdent-ils dans ce fond ?

Le contraste est double : les couleurs vives et saturées des personnages s’opposent à la couleur du béton, ce fond gris, rugueux, dur, s’oppose à la fragilité des corps, relativement dévêtus. La lecture de l’image n’est pas directe, elle est ambiguë, celui qui regarde peut se perdre avant de comprendre ce qu’il regarde : est-on face à un mur ? Les personnages sont-ils la continuité du fond ?

Vue de l'exposition lors des 9e Rendez-vous • Image à Strasbourg.
Vue de l'exposition lors des 9e Rendez-vous • Image à Strasbourg.